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    Eclats surréalistes

    Damien Corbet
    Damien Corbet
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    Eclats surréalistes Empty Eclats surréalistes

    Message  Damien Corbet le Sam 12 Déc - 13:48

    Surgi en France au début du XXe siècle, après la Première Guerre mondiale, le surréalisme a profondément marqué l'expression artistique à travers le monde. Si on dit officiellement qu'il s'est éteint en 1969, trois ans après la mort d'André Breton, les échos de ce mouvement, qui doit son nom à Guillaume Apollinaire, se font entendre encore aujourd'hui. Au point que le 10e Marché de la poésie de Montréal, qui se tiendra du 28 au 31 mai 2009, à la place Gérald-Godin, a décidé de prendre son héritage pour thème.


    «La poésie québécoise a été marquée par le surréalisme», explique Claude Beausoleil, organisateur du colloque intitulé Héritages du surréalisme, qui donne le coup d'envoi au marché, à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal. Le Refus Global, par exemple, publié ici en 1948, est une des expressions de cette influence.

    «Deux ans avant la publication du Refus Global, Thérèse Renaud publiait Les Sables du rêve, qui témoignait d'une influence surréaliste», raconte Claude Beausoleil. Thérèse Renaud était d'ailleurs la première femme, dans toute l'histoire du mouvement surréaliste, à signer un recueil de ce genre. L'influence du mouvement surréaliste a donc pris ici le nom d'automatisme, alors qu'au Mexique on parlait plutôt d'estridentisme, auquel participait Manuel Maple Arce, et en Russie, de futurisme.

    Le Québec a cependant adapté l'influence surréaliste à sa propre réalité. Alors que les surréalistes français s'interrogeaient sur l'engagement politique, en se demandant s'ils devaient ou non adhérer au mouvement communiste, les automatistes québécois posaient la question de l'engagement politique envers l'indépendance du Québec, ajoute Beausoleil.

    «Nous, on a toujours eu une interrogation politique. Même dans L'Âge de la parole, de Roland Giguère, qui est issu du surréalisme, il y a une question politique», dit-il.

    Le surréalisme, donc, selon Claude Beausoleil, a été somme toute plus influent au Québec que le mouvement dada, par exemple.

    «Le dadaïsme disait par exemple: "Fermons les musées!", alors que nous, on disait: "Essayons d'avoir un musée d'art contemporain" ou "On va essayer d'en avoir un avant de le fermer". On disait: "Essayons de trouver des galeries d'art: avant de péter les vitrines, on va ouvrir le magasin"», ajoute-t-il.

    Une influence encore notable aujourd'hui

    Plus de 60 ans après la publication du Refus Global, le surréalisme est de nouveau très présent dans l'oeuvre de plusieurs jeunes poètes, relève Claude Beausoleil. Il cite par exemple le recueil intitulé L'Éléphant, de David Jasmin Barrière, publié aux éditions de l'Hexagone, ou encore La Morte en beauté, de Danny Rhainds, aux éditions Poètes de Brousse. Il cite encore Dany Plourde. «Je ne sais pas s'il revendiquerait des influences surréalistes», dit-il, mais il y voit lui-même un certain héritage.

    Le colloque «Héritages du surréalisme» s'adresse non seulement aux poètes et aux spécialistes du surréalisme, mais aussi au grand public. On y assistera notamment à une conférence de Gilles Lapointe, auteur du livre La Comète automatiste, publié chez Fides, qui a analysé les regards différents qu'ont posés André Breton et Paul-Émile Borduas sur différentes oeuvres. On s'y attardera aussi sur le travail de Gilles Hénault, qui a fondé en 1946 Les Cahiers de la file indienne avec Éloi de Grandmont. Peter Dubé y présentera pour sa part ses travaux sur le surréalisme et l'homophobie. Son essai, intitulé Madder Love et publié chez Rebel Satori Press, retrace en effet l'homophobie historique du surréalisme, notamment à travers des propos d'André Breton, pour étudier la production littéraire homosexuelle d'aujourd'hui. Francis Combes, éditeur du Temps des cerises, qui a notamment publié Éluard et Maïakovski, y abordera les questions du surréalisme et de l'engagement. C'est sans parler évidemment des nombreuses lectures qui s'y tiendront.

    Les deux invités d'honneur du Marché de la poésie cette année sont les poètes Yolande Villemaire et Paul-Marie Lapointe. On présentera d'ailleurs un spectacle-hommage à ce dernier, intitulé L'Espace de vivre -- voyage et autres poèmes, mis en scène par Marcel Pomerlo, qui y figurera avec Sylvie Drapeau, Luc Bourgeois, Olivier Bourque et «des acteurs de la scène musicale actuelle». En plus des 70 maisons d'édition qui sont invitées au marché, de nombreuses projections de films, dont plusieurs portant sur le surréalisme, seront à l'affiche. On peut, pour plus d'information, consulter le site Internet www.maisondelapoesie.qc.ca.

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