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    Philosophe en déroute

    Damien Corbet
    Damien Corbet
    Admin

    Messages : 73
    Date d'inscription : 06/12/2009
    Age : 28

    Philosophe en déroute Empty Philosophe en déroute

    Message  Damien Corbet le Ven 11 Déc - 20:24

    évitez de buter sur le début Wink





    Philosophe en déroute






    • Je me délaisse de la lune et des tissages qui subsistent à la tenir de prétention pour l’éclosion du jour.
    • Si la mort m’emporte, alors j’en resterais propriétaire à vie.


    Madame, Messieurs, voici ce que deux écrivains ont déclaré le 18 juin 1856, jour de leur pendaison.
    Comme vous le savez tous, du moins, je l’espère, nombreux sont les hommes qui, de leur vivant –Bien que d’où ils se trouvent aujourd’hui, ils leurs seraient difficile d’émettre un quelconque jugement, même si leurs démences accusatives restes pourtant, pour de nombreuses personnes, encore, une raison d’imposer l’évasion du quotidien- ont manifesté leurs visions des choses sous un angle plutôt… grotesque pour l’époque.

    Alors je m’adresse à vous, qui, des temps où la conformité éducative nous impose ses exigences restrictives, c'est-à-dire, l’imposition d’un cadre quotidien, parallèle et symbolique d’une République unie où l’aspect d’une vision nouvelliste peut altérer directement, où non, le jugement et les actes d’une personne sur son idée du monde comme pour celle d’autrui :

    - La liberté d’expression tout comme la liberté de protestation telle que vous la vivez et la voyez aujourd’hui vous est-elle assez flexible pour laisser supposer percevoir un quelconque changement sur l’évolution de l’art et de la perception d’un environnement commun vis-à-vis de là politique mise en place à ce jour ?

    Ce travail est à me rendre pour lundi matin dernier délais. Bien sûr, il y a plusieurs réponses possibles qui, qui plus est, s’ajoutent aux avis personnels, politiques, religieux, etc. En prenant compte de ces différentes influences, le nombre de réponses tournent autour de trente-deux tout au plus, mais sachez que tous arguments pouvant inciter à un nouvel avis sur cette question est le bienvenue et fera l’objet d’une grande réflexion quand à son intérêt et son implication sur le sujet.
    Merci à tous et à lundi, bon week-end.

    La journée se termina tranquillement, comme la plus part des journées de cours depuis mes quinze ans d’enseignement. Seulement voilà, je me lasse. Non pas que mon emploie actuel soit ennuyeux et loin de moi l’idée d’en pensée une telle chose, mais les jours se ressemblent et finalement, rien ne me laisse entrevoir le but que je m’étais fixé lorsque j’étais enfant. Tout commença en 1953, né d’une mère alcoolique et d’un père débordant de défauts. Il était le genre d’homme assez fermé d’esprit mais il savait garder son sens critique… propre à sa personne. Disons qu’il ne voyait pas grand chose en dehors de sa maison, son travail et ses quelques amis qui eux aussi étaient pour le moins asociales. Un jour, ma mère, Françoise, est rentrée d’une conférence sur la progression de l’alcool chez les jeunes. Ce fût une catastrophe d’après ses anciens collègues. La seule image qu’elle savait donner d’elle était celle d’une femme violente, renfermée, hystérique et peu aimable, enfin, une image qui lui allait à ravir en tout bien tout honneur. Ses seules paroles étaient bonnes à la satisfaire de ses âneries :

    - Je préfère voir mon fils PD plutôt que curé !

    Mon père quand à lui, George, était un solitaire sauf avec ses amis. Pour ce qui était des relations avec ce qu’il appelait « Son passe temps avant la joie », sa famille, ses seuls propos suffisaient à montrer tout l’amour qu’il pouvait nous porter avec un peu d’effort. Un jour je suis rentré du dortoir de Pralford, puisqu’à l’époque l’école étant trop cher, je n’avais pas la chance d’y aller mais surtout, l’idée même de l’éducation suffisait à répugner mes parents en partant du seul principe bête et sadique qu’il fallait bien mourir un jour et que quitter cette terre intelligent ou con ne changerait rien à ce qui se passerait par la suite. Ce soir là, j’ai essayé tant bien que mal à leur faire part de mes ambitions, de mes rêves et autres fantaisie d’un jeune adolescent de 15 ans. Je leur ai parlé de ma fascination pour les arts, sur les énigmes de la vie et surtout, sur les aveugles. En effet, les aveugles sont bien la seule et l’unique chose qui m’a toujours interpellée, leur façon de percevoir les choses, d’imaginer le monde juste par l’écoute sans trop se préoccuper des soucis qui l’accable… mais comme pour tout autre chose, ces idées leurs semblaient bien trop futiles et naïves pour y prêter une quelconque attention. En tous bons moralistes et philosophes qu’ils étaient, leur rôle de parents les poussait à m’encourager sur un avenir tracé sur leur parcours, mais rien de très glorieux n’en sortit :

    - Tu sais marmot, la vie elle est ce qu’elle est et les rêves ne sont que foutaises, la seule, la vraie, c’est d’avoir une femme pour lui faire un rejeton, histoire de satisfaire ta fierté personnelle et pour le reste, quand tu te seras enfin décidé à partir de cette terre, tu auras tout le temps pour te retourner de mille questions dans ton cageot en bois.

    Je n’étais pas vraiment en position de critiquer l’avis de mes parents ni même leur façon de concevoir son existence et ce qu’on pouvait en faire ressortir.

    Quelques années plus tard, à l’âge de dix-neuf ans, j’appris le décès de mes ascendants lors d’une révolte contre la liberté de revendication de leurs droits conjugaux. Quand à ce qui est des conditions de leur mort, je n’avais pas vraiment cherché à le savoir et quand bien même l’aurais-je su, penser est une affaire intime et mon constat quant à leurs actes ne m’aurait en rien troublé ni éprouver un quelconque intérêt. Comme quoi, certaine optiques peuvent êtres héréditaires. J’eu longtemps quelques petits soucis de logements, d’emplois et autres façon de subsister aux contraintes d’une vie de vagabond, cependant, un jeune patron de vente à l’étale de journaux et diverses revues littéraires et instructives me proposa d’être employer dans son projet. Les mois passèrent les un après les autres et plus les jours tournaient, plus le temps perdu à me plonger au fond des livres me paraissait inespéré. Jusqu’ici je n’avais jamais vraiment pu lire un livre de ma propre volonté, ou du moins, il livre qui puisse subvenir à mes attentes évasives. J’ai eu le temps de voir diverses dames et beaux hommes passer devant notre stand, tous semblaient coincés, d’ailleurs s’en était presque amusant. Il y avait de beaux Messieurs habillés de chemises aux cols extravagants qui s’élançaient au ciel surmontés d’une petite moustache en forme d’arche pour prévenir du mauvais temps. Bien sûr, tous ça se résultait d’un discours soutenu et le plus souvent ridicules, mais les bonnes manières étaient de mises. Notre stand, enfin, notre étale, s’’avançait sur quelques mètres sous un grand porche aux vitraux rouges, jaunes et verts. Le soir lorsque la journée se finissait, Fernand, le jeune patron, me logeait dans un petit coin reculé de la ville, un champ peuplé de caravanes aux formes diverses et variées où s’élançait la bonne humeur et la fête dans les chants des gens du voyages. J’y ai connu Juliette, une jeune femme plutôt mature pour son âge. Elle était journaliste à mi-temps pour un petit magazine sur le surnaturel et les mauvais coups de la politique. Elle était grande et mince avec des cheveux « roux automne », son visages étaient parsemé de ce que ses frère appelait « les champignons dérisoires », des fines et douces taches de rousseurs qui paraient son visage. En sommes, ce mélange faisait d’elle une femme vraiment zinzin mais réellement charmante. Elle ne resta pas longtemps parmi nous, enfin, pas suffisamment à mon goût. Elle partie un beau matin de printemps sans cris hagards, juste une petite lettre nous laissant comme souvenir « C’était cool ». Je crois que j’étais déçu sans pour autant m’attendre à un grand discours d’adieu pompé de textes embaumés d’amour. Au final, je ne suis même pas sûr d’avoir attiré son attention, mais qu’importe.
    Les semaines passèrent, une puis deux, quatre puis neufs et les clients aussi, toujours aussi marrants.
    Cependant, un jour, un homme d’âge craquant, vers la soixantaine, vint à notre étale et bouleversa ma vie. D’abords il s’avança puis feuilleta quelques livres osés, bien qu’il fût rare d’en trouver ici. La première impression que j’eu de lui était celle d’homme timide mais affirmé, avec un penchant pour les belles femmes, mais cette idée fût vite révolue lorsqu’il s’approcha de moi, comme emporté par les volets de mes paupières qui sautillaient. Alors il s’élança et me dit :

    - Jeune homme, seriez-vous gay ?
    - Bien sûr Monsieur, il faut toujours l’être pour le client.

    Alors il explosa de rire puis répliqua :

    - Ha ha ! Voilà un jeune homme plein d’humour ! Laissez-moi vous expliquer. Certes « Gay » n’est pas un mot très rependu sous cette forme ici, mais il veut dire homosexuel. Alors je vous repose la question une nouvelle fois, seriez-vous gay, jeune homme ?
    - Oui, Monsieur ! (En retroussant mes manches et en gonflant mon torse d’un air peut convaincant)

    Je me mis à rire aux éclats et lui aussi, comprenant que mes dernières paroles n’étaient nullement sérieuses. On conversa sur différents sujets, politique, philosophie etc. L’image de cet homme me parue tout à coup plus élégante, une personne cultivée ayant une grande conversation et de larges connaissances sur se que l’entour. Cet homme s’appelait Guldave Granz et se trouvait être professeur de lettres et de philosophie dans une école très renommée à Paris. Il me complimenta sur mes quelques connaissances en matière de littérature, d’expression et de vision du monde, ce qui, de sa part, se trouvait être pour moi un avis digne d’un éloge. Il me proposa alors de passer chez lui, plus haut vers les quartiers chics de Paris si jamais ma soif de lecture n’était plus suffisante chez Fernand et si, à l’occasion, je souhaitais converser sur des propos sérieux avec une personne ayant quelques connaissances en la matière. Il est venu le lendemain puis chaque jour d’après pour bavasser et parler de choses et d’autres. Plus tard, Fernand ferma son affaire pour se reconvertir dans la charpenterie sans vraiment grande raison alors Guldave me prit sous son aile, non pas en tant qu’étudiant mais comme observateur quant à la réflexion humaine. Selon lui, l’homme obtient plus à regarder ses semblables prédirent l’absurde pour supporter leur lâcheté plutôt que regarder la voie qui se trace sous leurs pieds.
    Il m’apprit les fondements tels que la sagesse n’est qu’une perfection de l’égocentrisme et que la perfection elle-même c’est de ne savoir être sincère avec soi-même en faisant part de vérité…



    Damien Corbet - Tous droits réservés.


    Dernière édition par Damien Corbet le Sam 12 Déc - 12:46, édité 1 fois
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    Message  this-is-into-this le Sam 12 Déc - 2:02

    Un des écrits des plus profonds que tu as écrit
    Damien Corbet
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    Philosophe en déroute Empty Re: Philosophe en déroute

    Message  Damien Corbet le Sam 12 Déc - 13:09

    Merci this Smile.


    En effet, je pense aussi qu'au niveau de la profondeur et de la trame " percutante " des mots, ce texte est le mieux pour le moment. Aussi, je trouve que l'idée d'allier philosohpie, poésie et quelques brins de noirceurs donnent un rendu vraiment sympathique. Le tout c'est de ne pas tomber dans la lourdeur... la suite devrait te plaire aussi je pense :.


    Merci beaucoup pour ton avis, je suis touché Smile.

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